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Auteur : Ghislain Beaulieu Ghislain Beaulieu est diacre permanent et répondant diocésain du Renouveau charismatique. |
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| La civilisation de l'amour Un couple d'amis me parlaient de leur fils qui était devenu un homme important. Ils me disaient : "à son travail, il a trente personnes sous ses ordres, il gagne un gros salaire, il a une belle maison, il voyage beaucoup." Voilà un bel exemple parmi tant d'autres qui illustrent la conception que notre société nord américaine se fait de la réussite. Pour elle, la richesse, le pouvoir, la domination sont signes de prestige, d'honneur et de l'importance qu'a une personne. L'objectif suprême est de ne dépendre de personne et de faire son bonheur par la richesse et ses talents. Pour passer de cette civilisation du moi d'abord à celle de l'amour qui nous est présentée par l'Église inspirée par l'Évangile, il nous faut vivre, comme individu et comme peuple, toute une conversion. À la question que se posaient entre eux les disciples de Jésus : "Qui est le grand parmi nous ?" Il leur répond : "celui qui est le plus petit d'entre tous, voilà le plus grand." Lc 9, 48 Être au service des autres, vivre pour eux de manière à les aider à être heureux, voilà la civilisation de l'amour. Elle est basée sur la générosité toute empreinte d'humilité. Les saints et les saintes que l'Église nous propose pour modèles à la suite de la Sainte Famille sont des grands amoureux de Dieu et du prochain. Leur amour du Christ les a amenés à donner leur vie pour les autres. C'est déchirant de voir comment nous portons en nous ces deux aspirations si opposées. Le milieu familial qui nous a pétris, nous a fortement influencés à notre insu. Les valeurs qu'il nous a données sont devenues souvent des convictions profondes, étant chacune un chemin de bonheur pour nous. Si c'est l'argent, nous recherchons l'argent, si c'est le don de soi, nous éprouvons beaucoup de bonheur à rendre service. Adultes, nous avons à choisir les chemins à prendre pour parvenir au bonheur véritable et non pas ceux qui nous offrent les plaisirs passagers qui n'assouvissent pas notre soif de bonheur. Il nous faut beaucoup de maturité affective et spirituelle pour parvenir à faire ces choix. Il est tellement plus agréable d'être en relation avec les personnes qui vivent pour les autres qu'avec celles qui vivent en ne passant qu'à soi. Nous portons ces deux tendances en nous. Pour les personnes qui nous rencontrent, laquelle perçoivent-elles comme dominante en nous ? Je pense, qu'à la question que nous nous posons : "comment répandre cette civilisation de l'amour dans notre société ?" Nous pouvons répondre : "En y croyant profondément et en la vivant là où nous sommes." C'est simple mais pas facile. Comment répandre l'amour, le don de soi, le pardon pour arrêter la violence, la domination, les abus sans devenir des victimes isolées ? Ne serait-ce pas en s'intégrant à une communauté chrétienne
qui aspire à cette civilisation de l'amour et qui reçoit
du Christ les moyens pour la vivre en eux et envers tous ? |
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